samedi 5 mars 2011

Nowhere Man

Des gens qui arrivent ici, dans un nouveau pays. Des gens qui viennent s'installer d'une façon permanente. Ils se font une nouvelle vie, ils s'adaptent, ils s'intègrent. J'ai plusieurs amis et connaissances. Ils ont contribué à m'enrichir culturellement.

Ils se feront toujours demander: Ça fait combien de temps que vous vivez ici? Le genre de question qu'on ne se pose pas entre 'de souche'. Ils sentiront toujours une différence.

Puis, lorsqu'ils retournent en visite 'chez eux', dans leur pays natal, ils ne seront plus vraiment considérés par leurs compatriotes comme des citoyens du pays. 'T'es un Canadien maintenant. Les choses ont changés depuis ton départ. Quelle température avez-vous au Canada?' Ce vous, il est exclusif. Tu fait partie d'eux maintenant, plus de nous .

J'imagine que ça doit se passer comme ça là aussi. Oui, je dis aussi, parce que c'est un peu l'essence des conversations que j'ai lorsque je retourne dans mon bled natal, le Madawaska. La République. Le nord ouest du Nouveau-Brunswick. Une excroissance de la province, enclavée entre le Maine et le Québec. La quintessence même de la société distincte. Comme le village d'Astérix. Ce sont d'irréductibles Brayons. Ils ne sont ni Acadiens, ni Québécois, ni Américains. Ils sont Brayons.

J'ai déjà passé plus des deux tiers de mon existence à l'extérieur de cet endroit. C'est en discutant avec une amie de là-bas que j'ai fait le rapprochement entre mes amis immigrants et moi-même.

Ces derniers vont me trouver ben drôle, moi qui ne suis qu'à six heures de route de chez moi.

Ça me semble parfois à des années lumières...

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