vendredi 26 mars 2010

Pat

Ce matin, comme tous les matins, en me rendant au travail, j'écoute CKAC dans mon auto. C'est qu'à 7:30, je ne manque jamais Pat Burns.

Depuis quelques années, Pat Burns est un chroniqueur régulier. On aime son franc-parler. Ses expressions savoureuses. Comme celle-ci: "Si ma tante avait des *bip*, ça serait mon oncle". L'équivalent de "avec des si..."

Mais c'est surtout pour son point de vue d'expert qu'on aime écouter Pat Burns, ex-coach de quatre différentes équipes de la LNH, dont les Canadiens de 1989 à 1992.

Pat Burns nous fait aussi réaliser que rien n'est permanent. C'est que Pat combat un cancer. Son troisième. Cette fois, il a choisit de ne pas avoir de traitement. Et je sais qu'il n'a jamais aimé qu'on en parle dans les médias. J'imagine que ça s'applique aussi aux blogs de banlieusards. Désolé Pat.

Ce matin, à CKAC, c'était spécial. Habituellement, Pat nous parle de chez lui, en Floride. Ce matin, Pat Burns était à Stanstead, en Estrie, parce que cette municipalité a décidé de l'honorer en donnant le nom de Pat Burns à son futur aréna.

Durant la conversion avec les animateurs Langevin et Grégoire, l'ancien instructeur avait hâte que le projet se mette en branle, en sachant très bien que le temps joue contre lui. C'est là qu'il a parlé pour une rare fois de son état de santé:

"...ma vie approche vers la fin à petits pas et je suis très conscient de ça..."

Pragmatique. Serein. Résigné. Courageux. Digne.

Le guerrier qui sait que cette fois, l'adversaire va finir par avoir le dessus. Mais le guerrier qui malgré tout ne baisse pas la tête, qui continu à regarder l'ennemi droit dans les yeux.

En studio, on sentait les animateurs ébranlés. Michel Langevin a d'ailleurs aiguillé la conversation sur les matches de la veille.

Moi, dans mon auto, mes lunettes soleil cachant les larmes, j'ai eu le moton jusqu'au bureau. Et même là...

Vous pouvez écouter l'intégrale de l'entrevue ici .

Plus tard aujourd'hui, en voyant les images et la conférence de presse, je n'ai pas été surpris de voir comment il avait changé physiquement. À la radio, on le devine à entendre sa voix.

N'empêche que tant que Pat Burns sera assez en forme pour parler à la radio, je serai là pour l'écouter. Parce que même si le corps est affaiblit, l'esprit est intact. C'est toujours passionnant de l'écouter.

Chose admirable chez Pat Burns, il sait se garder une p'tite gêne en respectant un certain code de confidentialité. Il va vous raconter une histoire juteuse qui se passe dans les coulisses du hockey, mais jamais il ne va mentionner un nom. Même lorsque Michel Langevin insiste.

Il est le seul entraineur à avoir gagné le trophée Jack Adams, remis à l'instructeur de l'année, avec trois équipes différentes. Par surcroit, trois des 'Original Six', c.à.d. Montréal, Toronto et Boston. Il a gagné la Coupe Stanley avec une quatrième équipe, les Devils du New Jersey. Sauf erreur, il est le dernier instructeur du Canadien à démissionner. Tous les autres furent congédiés. (Sauf Mario Tremblay. Mais Mario n'a pas quitté pour une autre équipe.)

J'aimerais finalement adresser un message personnel à Pat.

Bravo pour tout ce que tu as accomplit jusqu'à maintenant, et sache que, malgré la maladie, tu continue à avoir un impact dans la vie des gens.

Il n'y a pas tellement longtemps, tu conseillais aux gars de plus de 40 ans d'aller passer un bilan de santé. Je dois avouer que je ne l'avais jamais fait, et je viens d'avoir 50 ans. Mais depuis, j'ai suivi ton conseil! Pour cette fois, tout est ben beau Pat. Merci a toi, (et un autre ami) de m'avoir motivé. J'ai retenu la leçon.



"Tu ne pleures pas parce que c'est terminé. Tu es heureux que ce soit arrivé" - Pat Burns

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