lundi 3 mai 2010

Une fois c't'une plante...

Imaginez que vous êtes une plante. En fait, vous n'êtes pas encore une plante, vous êtes une graine qui s'est posée au sol à la fin de l'été. Puis il y a eu le gel, puis la neige. Vous avez attendu patiemment tout l'hiver.

Puis, la température s'est élevée. Tranquillement, vous vous êtes dégourdie, vos racines ont commencées à explorer le sol afin de vous nourrir. Puis des feuilles ont poussées, traçant le chemin vers le haut pour la tige.

Ensuite, vous fleurissez. Finalement la lumière, le soleil. C'est beau la vie. C'est à ce moment précis que le banlieusard vous arrache la tête (au mieux) ou vous déracine complètement (au pire), vous jette dans un sac vert en vous insultant: "Mauvaise herbe!".

Le sac vert! Ça veux dire que vous n'aurez pas droit au compostage, ni même à servir d'engrais naturel en vous laissant vous décomposer au sol. Direct au site d'enfouissement. Ça veux aussi dire que vous allez produire des gaz à effet de serre comme du dioxide de carbone ou du méthane.

Ouais, vous aurez été doublement nuisible bien malgré vous. Et dire que tout avait bien commencé. Triste sort. Mais vous n'y étiez pour rien. Vous n'avez fait qu'obéir aux lois de la nature.

Sauf qu'au fil des temps, les humains ont établit leur propre lois. Si votre nom est pissenlit, digitaire, chiendent, trèfle, oxalide d'Europe, plantain majeur ou lierre terrestre, vous n'avez pas d'affaire sur une pelouse qui se respecte. C'est comme ça.

Oui bon, même quand vous réussissez à pousser entre les dalles de ciment ou dans les fentes d'asphaltes on vous arrache aussi. Une vraie chasse aux sorcières. On vous pourchasse même derrière le cabanon. Aucun répit. N'essayer pas non plus de vous camoufler dans les plates-bandes avec les autres fleurs 'nobles' telles les pivoines ou coeur-saignants. On ira vous chercher.

Si les plantes pouvaient parler, les dites mauvaises herbes seraient bien en droit de se plaindre qu'elles sont victimes de discrimination, de racisme végétal, qu'elles sont lésées parce qu'on fait du favoritisme.

Cette année, j'ai fait un vrai banlieusard de moi. J'ai décidé de prendre ma pelouse en main. J'ai enlevé les 'mauvaises herbes'. J'ai mis de la terre noire. Des sacs de 27 litres. La terre, je croyais qu'on mesurait ça au poids. C'est pas liquide, la terre.

En tout cas, j'ai mis de la terre aux endroits les plus dégarnis. Je ne pourrais dire combien en litres. Un demi-sac par là, un tiers ici. Là-bas, un sac complet.

J'ai ensuite semé du gazon. Pas n'importe quoi. Du Kentucky Bluegrass. Vous savez quoi? Il n'est même pas bleu! Je soupçonne même qu'il ne vienne pas vraiment du Kentucky non plus.

C'est là ou j'en suis rendu. Faudra ensuite mettre de l'engrais. Là, ça se complique. Il existe autant de sortes d'engrais qu'il y a de mauvaises herbes. Ils ont ces codes à trois chiffres, qui représentent le pourcentage d'azote, de phosphate et autre chose qui se termine en ate.

Pourquoi j'ai décidé d'avoir une pelouse conventionnelle cette année? Après tout, elle était verte ma pelouse l'an dernier. C'est juste qu'elle n'était pas verte de gazon uniquement.

Ai-je cédé à la pression sociale? Ai-je décidé d'être en compétition avec mes voisins pour avoir la plus belle pelouse?

Aucune de ces réponses. En fait, depuis des années mon voisin travaille très fort et passe beaucoup de temps à entretenir sa pelouse. Comme nos maisons sont mitoyennes, nos pelouses aussi.

Je trouvais ça triste pour lui, tout ces efforts pis aussitôt qu'il regardait à côté, il voyait cette flore sauvage. Sans compter le risque que les graines de pissenlits et autres indésirables pouvaient aller germer sur son tapis vert.

C'est donc dans un esprit de bon voisinage que j'ai entrepris ce projet qui va quand même un peu contre mes convictions.

J'aimerais conclure ce petit texte apologique par un hommage à ce mal aimé, ou bien haï, le pissenlit. Qui d'autre que les mauvais garçons du rock pour interpréter cette ode à la mauvaise graine:

1 commentaire:

  1. Ah le Pissenlit!!!
    En anglais, Dandelion...
    Qui vient du français...
    Dent de lion...

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