mardi 8 juin 2010

À la guerre comme à la guerre

Un conflit mondial de plus. Comme si on avait besoin de ça!

Ça dure depuis plusieurs semaines, quoique c'était latent depuis déjà plusieurs années. Une vraie guerre de tranchées.

Latitude 45.6135617
Longitude -73.7219040

Ce sont les coordonnées de la zone militarisée.

Les experts ne s'entendent pas sur l'origine du conflit. Certains prétendent que ça remonte à la nuit des temps, alors que d'autres soutiennent que les différents sont apparues avec l'invention du bungalow.

Quoi qu'il en soit, au moment ou je vous parle, le combat fait rage, même s'il fait nuit noire.

Le tout se déroule sous mes yeux...et sur ma pelouse.

Le gazon essaie tant bien que mal à résister aux envahisseurs, au pluriel. Ils attaquent sur tout les fronts.

Tout d'abord, les pissenlits. Ceux-ci lancent des commandos un peu partout. Aucune défense antiaérienne n'arrive à les contenir complètement. Les pissenlits, à partir de territoires déjà conquis, organisent, avec l'aide du vent, des raids et parachutent des milliers de futurs soldats pissenlits. Le point faible du pissenlit est justement de s'éparpiller, et semble incapable de se regrouper.

Ensuite, l'oxalide d'Europe. Cette plante essaie de se faire passer pour du trèfle, car sur certains territoires le trèfle et le gazon cohabitent. Sa petite fleur jaune vient pourtant la trahir.

Comme l'oxalide, le lierre terrestre reste lui aussi en groupe. Il devient assez facile de l'encercler et de le contenir avant qu'il ne fasse trop de dégâts.

Le plantin majeur, lui, essaie de se camoufler en restant au sol, où il cause beaucoup de dégâts.

Vient ensuite le trèfle. Si on décide de signer un traité de paix avec le trèfle, il faut savoir que ce dernier a une entente avec les abeilles, avec qui il s'est engagé à laisser ces dernières butiner ses fleurs, sans vous en avoir demandé la permission.

La pelouse, avec tout ces ennemis, n'est pas au bout de ses peines. Et ce ne sont que les principaux. Il y a aussi la digitaire, le chiendent, le chardon, et même les champignons si le temps devient très humide.

De plus, il y a les ennemis souterrains, tel le ver blanc. Ce dernier va jusqu'à creuser des tunnels, sans vérifier avec Hydro-Québec ou Gaz-Métro.

Heureusement, la pelouse peut compter sur l'appui inconditionnel d'un allié de taille en l'humain. Un peu comme Israel et les USA. L'humain finance les attaques, la reconstruction et le maintien de l'ordre sur le territoire.

Bien sûr, l'humain obéit aux lois. Pas question de se livrer à une guerre bactériologique. C'est comme une convention de Genève pour pelouse.

Car un humain qui agirait ainsi serait très mal vu par l'ensemble de ses voisins, cet espèce d'ONU de quartier.

L'humain y va donc d'éreintantes attaques à mains nus qui durent des heures. Le pissenlit est sa cible de choix. Après une première offensive majeure en avril, la relève oppose par la suite moins de résistance, à condition de frapper régulièrement.

L'humain va aussi former de nouveaux soldats gazon, à l'aide de terre noire, de semence et d'engrais. L'humain a une entente à long terme avec son partenaire Canadian Tire de qui il s'approvisionne.

De leur côté, les envahisseurs peuvent parfois compter sur l'aide de Dame Nature. En effet, lorsqu'il pleut, l'humain n'aime pas mettre le nez dehors, ce qui permet aux ennemis de mieux s'installer.

On ne prévoit malheureusement pas une armistice de sitôt. Au mieux, une trêve qui durera d'octobre à mars...

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